Le Gouvernement wallon a annoncé le 22 août dernier la signature conjointe du protocole d’accord de la lutte contre les pénuries de main d’œuvre par Pierre Yves Jeholet et 21 fédérations et fonds sectoriels d’entreprises. C’est que certains chiffres se télescopent: on trouve en Wallonie quelque 200.000 demandeurs d’emploi inoccupés, tandis qu’Eurostat estime à 140.000 le nombre de postes vacants en Belgique.  A cela s’ajoute l’impact annoncé de la digitalisation. Si aucune mesure n’est prise, ce n’est pas moins de 584,000 postes vacants qui le resteront en Belgique en 2030, dixit Marc Lambotte, le patron d’Agoria.

Trois mesures phares encadrent cet accord qui se veut selon le Ministre « un signal fort et une volonté d’avancer. » : la réforme du plan insertion, la mise en place d’un incitant financier à la formation aux métiers en pénurie et l’action « Coup de poing pénurie ».

Coup de poing pénurie

Première mesure : simplifier le plan formation insertion (PFI). Celle-ci prévoit un soutien financier à l’employeur qui propose une formation adaptée à un demandeur d’emploi.

Résultat: les aides seront versées plus rapidement. En second lieu, la personne qui se forme à un métier en pénurie recevra une prime nette de 350 €. Enfin, si une entreprise a besoin de 8 personnes ou plus avec le même profil, le Forem organisera une formation sur mesure à leur intention.

L’action « coup de poing pénurie » vise à lancer des formations additionnelles dans les métiers en pénurie. Elles seront organisées en concertation et implication actives des entreprises: contenu développé sur mesure, sélection, suivi et recrutement dynamique des stagiaires.

Benchmarking permanent

« Ces mesures », explique le Ministre de l’emploi et de la formation, n’auront d’impact que si l’ensemble des parties prenantes, fonds sectoriels, fédérations sectorielles et intersecteurs se mobilisent pour sensibiliser davantage les employeurs et renforcer la collaboration avec les entreprises, l’IFAPME, le Forem et les Centres de Compétences. Cette logique de networking colle parfaitement avec l’ADN de ces derniers.

« Les centres de compétences sont nés de et pour une logique de réseaux. Un Fonds sectoriel comme le CEFORA permet de faire remonter les besoins des entreprises. Nous les pré-digérons et l’on travaille ensemble avec les autres acteurs de la filière sur des formations et profils de candidats adaptés aux entreprises membres du Fonds. Nous sommes en contact continu avec un grand nombre de réseaux d’experts, dont la cellule prospective métier du Forem. L’Agence du Numérique est un lieu d’échanges privilégiés en matière de transformation digitale. Nous interagissons avec une très large grappe de formateurs. Tous ces réseaux nous permettent de procéder à un benchmarking permanent de la demande afin de formuler les réponses les plus adaptées possibles en terme de formation métier. »

Pierre Lelong, Manager Formations Entreprises & Education

Souplesse et méthodes Agile

Le résultat se traduit sur des formations à des métiers bien définis comme le Développement Web, la Gestion de Projet ou le Data. Chaque année, elles débouchent sur plus de 300 remises à l’emploi. Ces formations rentrent dans un plan d’action annuel dont la pertinence, l’actualité et la modernité sont actualisés et mis à jour à mi-parcours. Le cas échéant, elles sont émaillées d’actions additionnelles complémentaires.

« La souplesse et les méthodes Agile sont de mises pour gérer les programmes dans un écosystème qui donne la priorité absolue à l’économie de réseau et à la réactivité. Nous sommes capables de monter une formation de haut niveau comme celle de Data Marketing Analyst en moins de 3 mois. Celle du Data Protection Officer a été mise sur pied en partenariat avec l’Université Ouverte en deux mois. En 3 ans, nous avons fait basculer un tiers de notre catalogue vers les métiers du Data, avec des offres de tout haut niveau. Nous proposons par exemple une formation qualifiante de 6 mois pour devenir consultants en Big Data. » Autre valeur ajoutée: la pédagogie différenciée. « C’est important en matière de formation continuée. On prend en compte les capacités, l’histoire, le parcours du participant en mettant en place des stratégies et parcours d’apprentissages beaucoup plus individualisés. »

Pierre Lelong, Manager Formations Entreprises & Education

Renforcer les capacités des Centres de compétences

Pour le patron d’Agoria, il faut aller plus loin. Au vu de l’étude du cabinet Roland Berger analysant l’impact de la digitalisation sur le monde du travail en Belgique, si 230.000 emplois sont amenés à disparaître à cause de la digitalisation, celle-ci en générera 864.000 nouveaux. A politique inchangée, ce n’est donc pas moins de 584.000 postes vacants qui seront à pourvoir d’ici 2030 !

Marc Lambotte identifie 4 stratégies afin de répondre à ce défi : 

  • Mise à niveau des compétences digitales des travailleurs,
  • formation au numérique des demandeurs d’emploi,
  • activation de la population inactive et
  • mise en place par Agoria et ses partenaires de toute une série d’actions concrètes.

Dans le cas d’Agoria, un parcours de formation NEET à destination des jeunes. Dans ce contexte, Marc Lambotte appelle à un renforcement des capacités des centres de compétences comme Technobel, Technifutur ou Technofutur TIC qui devraient pouvoir prendre en charge et former  aussi plus de travailleurs.

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